Moulin de Mounicq

Moulin de Mounicq


Moulin de Mounicq
Moulin de Mounicq
Adresse64300 Sainte Suzanne
Cours d'eaule Laà
Date de constructionvers 1100
Nbre de meules4 avant 1933 puis 4 dble cylindres
Nature du moteur hydrauliqueRV/Turbine en 1911
Hauteur de chute3.20 m
Débit / Puissance0,956 m3 / 40 cv bruts / 12 cv utilisés

Vue générale du moulinEntre 1072 et 1105 Guilhem de Thil qui tenait la villa dite de Herrère à Sainte Suzanne aurait reçu de Don Grégoire de Montaner Abbé de Sordes l’autorisation de bâtir des moulins à Sainte Suzanne à condition qu’après sa mort ils reviennent à l’Abbaye de Saint Jean de Sordes. Les moulins de Sainte Suzanne étaient au nombre de six. En descendant le Laà sitôt franchi la route de Navarrenx on trouve le premier moulin celui de Laborde, puis au bord de la route de Sauveterre celui des Agoues, puis le Laà grossi par deux ruisseaux l’Ozenx et le Larat(ou ruisseau des moulins de Laneplaa) nous amène au moulin de Lameignère qui prendra le nom de Mounicq à l’installation de la famille Forsans.(en1874 et c’est celui qui nous intéresse) En continuant la descente du Laà, avant d’entrer dans le bourg on trouve le moulin du Martinet ou de Paralieu, puis après le pont de la rue principale celui de Labat ou de Lartigaou, enfin le moulin de Baure au pied du château du même nom, le Laà finit quelques centaines de mètres plus loin en se jetant dans le Gave de Pau.

Vue du bief du moulinRevenons à notre moulin, la famille Forsans était installée sur la commune de Saint Boes au moulin de Mounicq sur le ruisseau le Lompré. Ce moulin possédait en plus une source aux vertu médicinales et le meunier vendait l’eau aux pharmaciens de la région, cependant le moulin était petit et le Lompré d’un faible débit ce qui ne suffisait pas à Josué Forsans pour honorer ses commandes. Il se mit à la recherche d’un moulin ayant plus de potentiel dans la région d’Orthez. Il trouva son bonheur à Sainte Suzanne : le moulin Lameignère qui était arrêté depuis plusieurs années. Il s’y installa le 30 Avril 1874 et après avoir défriché les alentours avec ses fils il remit en route les trois meules, une pour le blé, une pour le mais et un foulon pour le lin. Le travail ne manquant pas son fils Mathieu fit installer en 1911 une turbine de type Francis qui actionnait cinq meules, il rajouta à l’étage un nettoyage combiné et deux bluteries.

La guerre de 14/18 passa sur la famille et emporta le fils cadet Joseph, l’aîné Jean Baptiste durement éprouvé par cette épreuve repris petit à petit goût à la vie et repris le moulin quelques années plus tard. L’intérim avait été assuré pendant cette longue période par les deux sœurs Alice et Henriette. En 1933 Jean Baptiste fit un grand pas vers l’avenir en remplaçant les meules par quatre cylindres doubles de 30 cm .Il a pu alors faire face à la demande boulangère de plus en plus exigeante sur la qualité des farines, il produisait alors 35 quintaux de farine.C’est la société Lafont d’Angers qui emporta le marché des nouvelles machines, et l’installation fut confiée à Labernere Père et Fils charpentiers menuisiers spécialisés dans les moulins, ils sont toujours en activité à fleurance dans le Gers.

Foulon

En 1970 c’est Gilbert qui est seul aux commandes, il entreprend une nouvelle rénovation, il change la turbine par un modèle de même type mais plus moderne et puissante, il remplace les cylindres par des modèles de 40 cm. Il se dote également d’un convertisseur de 60 cm et il remplace le moteur diesel qui prenait le relais lors des étiages. Il peut alors produire 60 quintaux de farine par jour. Après des années de labeur et faute de repreneur et aussi à cause de la course à la concentration que se livrent les grands moulins, ils arrête le moulin en 1993 et vends toute les machines qu’il avait bichonnées pendant ces années.

Sortie de la turbine et alternateurSeule la turbine sera conservée et fournira de l’électricité d’appoint. Le moulin sera entièrement restauré par Jean Marc le fils de Gilbert, ceci avec beaucoup de goût et de respect pour les matériaux nobles que l’on trouve dans les moulins. En 2005 il remplace le vieil alternateur par un modèle à régulation électronique et il couplera l’ensemble à une pompe à chaleur ultra performante. La dernière touche vient d’être donnée par Gilbert qui a fait réinstaller par son ami Pierre Salles de Lacoteya à Ostabat le rouet en fonte qui gisait sous le moulin, que l’on peut voir tourner maintenant comme au siècle dernier.

Arroudet récussité